La vengeance de Compère Chat
Compère Chien, tout triste, songe... Il n'aime pas voir mourir les hommes. C'est si bon, au contraire, de veiller sur leur maison et de jouer à cache-cache avec les enfants.
Il ne peut supporter la pensée qu'un jour viendra où l'on cachera sous terre ceux qu'il aime. Compère Chien se décide:
— J'irai demain matin trouver Papa Bon Dieu; se dit-il. Je lui demanderai de ne pas laisser mourir les hommes.
Tout joyeux, Compère Chien appelle Compère Chat.
— Je vais te confier un secret, Compère Chat. Tu sais, demain matin, au lever du jour, je vais faire une commission au ciel.
— Oh! Oh! Et pourquoi cela?
— Je vais demander à Papa Bon Dieu la vie éternelle pour les hommes!
Cela contrarie beaucoup Compère Chat. Il souhaite justement la mort des hommes, car, la veille, il a reçu de la cuisinière de solides coups de bâton, pour avoir dérobé de la viande.
— Il ne faut pas que Compère Chien arrive au ciel avant moi, se dit-il.
Alors, le chat prend un gros sac. Il y empile tous les os qu'il trouve: des os à moelle, des os crus, des os bouillis et, ceci fait, il les dépose sur la route qui conduit au ciel.
Pendant ce temps, Compère Chien dort; il veut avoir la tête bien reposée avant d'arriver au ciel. Mais dès le lever du jour, il se lève et part. Soudain, il voit par terre un tas d'os, les plus appétissants du monde.
— Quelle chance! S'écria-t-il. Je vais grignoter un peu ces os; je serai en meilleure forme pour arriver chez Papa Bon Dieu.
Et Compère Chien se met à manger.
Mais Compère Chat, lui, ne perd pas de temps. Il court tout droit au Paradis et frappe:
— Qu'est-ce que tu veux? Demande Papa Bon Dieu.
Compère Chat, en pleurant, raconte au Maître et Seigneur combien les hommes sont méchants et mauvais, passant leur temps à manger de bons morceaux, et maltraitant les pauvres chats innocents.
— Aussi, je te demande, Papa Bon Dieu, de les faire mourir... Oh! pas tous en même temps, mais l'un après l'autre, pour permettre aux chats de vivre un peu aussi...
— Accordée, dit le Seigneur. Tu as raison: les hommes doivent mourir.
— Compère chien, son repas terminé, arrive au ciel, à la fin du jour.
Hélas! Papa Bon Dieu lui dit:
— Trop tard, j'ai déjà accordée à Compère Chat la mort des hommes. C'est dommage, mais mon crayon n'a pas de gomme.
Compère chien n'en écoute pas davantage; il court chez Compère Chat et lui livre une bataille terrible.
Et, depuis ce jour-là, les chiens et les chats n'ont jamais pu s'entendre
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